Vanae - Chapitres 0 a 4
Par Kyo, lundi 26 juin 2006 à 23:30 :: Vanae :: #7 :: rss
Voici les 5 premières parties de la nouvelle illustrée que j'écris (lentement, mais quand même). Une histoire fantastique avec des épées, des sorcières et des dragons (bon il y a pas encore eu de sorcière et de dragons pour l'instant, ok), à ne pas trop prendre au sérieux si possible
En gros si vous n'êtes ici que pour lire de mes nouvelles au japon, ou si la prose médiocre ne vous interesse que peu, passez votre chemin !
(chapitres écrits et illustrés entre 2004 et Février 2005)
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Prologue
Un petit vallon, pas particulièrement caché, pas particulièrement connu, et recouvert presque entièrement d'une forêt. C'est dans ce cadre fort rupestre que commence cette histoire. Cette forêt, donc, ne comportait qu'une seule grande clairière, elle même occupée par un grand camp fortifié. Un observateur expérimenté aurait pu dire qu'à vue de nez, ce campement devait regrouper à peu près 2000 hommes. Cependant, cet observateur, même s'il se croyait très malin, se tromperait… pas sur le nombre, non, a peu près exact, mais sur le sexe. Ce camp comptait bien à peu près 200 âmes, certes, mais 2000 âmes féminines. En effet il était exclusivement habité par des femmes.
J'entends déjà baver certaines personnes à l'esprit mal tourné qui sont sûrement en train de chercher un créneau horaire libre dans leur emploi du temps, histoire d'aller jeter un coup d'œil... Ceci serait un fort mauvaise idée. En effet, ce village était celui des dernières représentantes des guerrières Amazones, des femmes peu connues pour leur chaleur humaine et leur hospitalité. On ne sait pas bien ce qu'elles font au petits malins (ou plutôt petits "je croyais être" malins) qu'elles attrapent roder autour de leurs villages, mais certaines rumeurs parlent d'huile bouillante ainsi que des parties sphériques du corps humain (yeux, etc.), bref....
Ces amazones vivaient donc là, alors que les autres toutes tribus avaient disparu depuis bien des années. Etait-ce grâce à la situation géographique du village ? Plus certainement, cela était du a l'extrême férocité de ses habitantes, qui n'avaient jamais envisagé autre chose que leur mode de vie actuel. Les habitants des quelques villages et villes des alentours vivaient dans la crainte de se faire dépecer par une horde de femmes hurlantes (crainte peu répandue de par le monde, soit dit en passant). En effet, bien que les amazones n'attaquaient pas spécialement souvent les alentours, de temps en temps, elles avaient besoin de ... se servir en hommes ... pour assurer la pérennité de leur clan. Elles faisaient donc des raids sur des villages. (Une anecdote a ce sujet : il paraît qu'une amazone connaît la "valeur du patrimoine" d'un homme au nombre de ses consœurs qu'il tue durant le raid)
C'est donc dans ce décor que prend place cette histoire. En se rapprochant un peu plus, on pouvait entendre des pleurs.
Cachée dans un recoin de la forêt, Vanae pleurait. Et elle pleurait souvent. Mais d'un autre coté, quel enfant de huit ans n'aurait pas pleuré, ainsi enfermée dans une grotte, avec comme seul nourriture ses autres habitants (chauves-souris, rats, etc.). C'était pourtant une punition d'usage chez les amazones. Le motif ? : ingérence. En fait pour toute ingérence, Vanae avait seulement dit à son instructrice qu'elle ne croyait pas que le monde extérieur n'était que le terrain de chasse des amazones... une pensée rebelle ? Vous imaginez bien, que pour le matriarcat amazone, plus conservateur qu'un amphithéâtre de sénateurs d'age avancé, la moindre pensée subversive était une chose très grave. Alors Vanae était souvent punie. Mais ce jour la, quelque chose de différent se produisit dans sa tête. Une sombre résignation pris la place de la "terreur incompréhensive" qui régnait jusque là dans le cerveau de Vanae. Les autres amazones se trompaient, c'était certain, elle devait partir. Mais pour cela, il faudra qu'elle soit assez rapide pour échapper à celles qui ne manqueraient pas de la poursuivre, assez forte pour terrasser celles qui la rattraperaient quand même. Elle devait devenir forte, plus forte, la plus forte.
Vanae pleura encore beaucoup, mais jamais plus elle ne fit le plaisir a quiconque de les laisser voir ses larmes couler.
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Chapitre 1
Tani courait, à la limite de ses forces, à en perdre haleine.
Ca ne s'était pas du tout passé comme prévu, pas DU TOUT. Le lendemain aurait lieu le grand rite de passage, au cours duquel les aspirantes amazones étaient intronisées et recevaient la marque. Mais il y avait avant cela une épreuve ... et toutes ne pourraient pas réussir.
Tani avait décidé d'unir ses forces avec celles de deux de ses amies, afin d'éliminer discrètement, la veille de l'examen, les concurrentes trop dangereuses. En s'attaquant a cette fille, Tani pensait qu'il n'y aurait pas de problèmes. Ce n'était pas la plus forte, (mais personne n'aurait jamais osé s'attaquer à cette dernière, même à cinq contre un), et leur tactique d'embuscade était au point.
Pourtant, tout avait raté, et méchamment, en plus. Tani s'en était aperçu à peu près au moment où elle avait vu une de ses amies clouée à un arbre par une flèche traversant sa main, tandis que l'autre était étendue par terre, inconsciente, une vilaine bosse dépassant du crane. Personne n'avait jamais félicité Tani pour sa perspicacité, ce qui est facilement comprehensible.
Mais maintenant, ça devrait aller, elle s'était enfuie en courant (et en hurlant un peu), et elle avait toute confiance en sa capacité de course (de fuite ?). Quelques minutes plus tard, elle ne voyait toujours aucun signe de poursuite. Elle allait éclater de rire quand une flèche lui rappela combien l'humilité était une vertu en lui frôlant le visage pour aller se ficher dans l'arbre devant elle.
Tani s'immobilisa, elle se retourna avec lenteur et la vit, là, surgie de nulle part, juste deux mètres derrière elle. Tani s'effondra contre l'arbre.
- Coucou, lui dit Vanae, avec un méchant sourire.
- Jet'enprienemetuepas, bredouilla Tani, qui n'était apparemment pas du tout en condition pour un salut en bonne et due forme.
- Pff, ne t'en fait pas, ça ne vaut pas la peine de tuer un déchet comme toi, répondit Vanae en haussant les épaules
Elle se retourna, dédaigneuse… Vanae savait qu'il était fou de tourner le dos à un ennemi durant un combat. Mais Tani n'était pas du tout en condition de prendre cette opportunité. Et ça aussi, Vanae le savait.
- MAIS ! s'écria-t-elle en se retourna d'un bond, (ce qui arracha un petit cri à Tani, pour la plus grande joie de Vanae) tu comprends bien que je ne peux pas laisser passer ça...
- zdvfgfgzexdfdfd, répondit Tani, en voyant Vanae dégainer son couteau.
Le bourreau se rapprocha de sa proie et se pencha vers elle. Elle l'examina...
- Hmm, tu as de très beaux cheveux, dis-moi ...
C'était vrai, la chevelure de Tani était très longue et belle, et de plus, fait rare chez les amazones, elle était blonde. Cette chevelure aurait pu déclencher l'admiration de bien des jeunes gens si elle avait coiffé une jeune fille de la société bourgeoise.... dommage.
Plus tard, dans sa tente, Vanae essayait de dormir en attendant le lendemain, en vain. Cette journée était pour la jeune fille des plus importantes... en fait elle l'était pour toutes les amazones, mais pas de la même manière. Pour Vanae, c'était un pas important vers sa libération, ce jour qu'elle attendait tant, où elle pourrait se sauver. Elle avait tout prévu depuis longtemps : en effet, celles qui seraient admises seraient envoyées en mission hors du village, et de plus en plus loin... c'était la chance qu'elle attendait pour partir définitivement de cet endroit maudit....
- Je dois dormir, je dois dormir ....répétait Vanae pour elle même, dans une fort peu convaicante tentative d'autopersuasion.
Elle ferma les yeux. Un dixième de seconde plus tard, qui lui paru durer plusieurs minutes, elle les rouvrit et se redressa en sursaut. L'excitation l'empêcherait définitivement de dormir. Elle prit une profonde inspiration pour se calmer.
- Il ne faut pas que je m'énerve pour ça ... ce n'est qu'un test minable ... rien de plus.
Elle ne voulait pas se l'avouer, mais elle attendait fébrilement le lendemain. Pas seulement a cause de ce que représentait cette journée, mais l'idée de botter les petites fesses de ses camarades la faisait frémir d'impatience.
Elle s'assit sur le rebord de son lit, en repensant à tout ce qu'elle avait enduré pour en arriver jusqu'ici... Sa détermination l'avait poussée à s'entraîner sans relâche, encore et encore De la petite fille pleurnicharde qu'elle était, elle était devenue l'une des plus brillantes filles parmi celles qui s'entraînaient avec elle. Elle avait fait semblant de rentrer dans les rangs et ne fit plus jamais apparaître aucune velléité de rébellion. Même ses éducatrices, pourtant TRES réticentes au début avaient fini par s'incliner face à l'élève modèle qu'elle était devenue. Mais à l'intérieur, son esprit s'agitait de plus en plus, bouillant d'envie d'émancipation. Vanae se sentit un peu calmée par toutes ces pensées.
Pourtant, elle ne put pas réfréner le sourire carnassier qui déjà s'élargissait sur la moitié de son visage.
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Chapitre 2
« Ramenez-moi un écureuil-de-vent avant le coucher du soleil », avait-elle dit. « Son état importe peu, avait-elle ajouté, d’un air dédaigneux, tant qu’on peut plus ou moins le reconnaître, ca va … »
Vanae repassait dans sa tête les mots que la matriarche avait prononcés juste avant le départ de l’épreuve… C’était une épreuve d’un genre tout ce qu’il y avait de plus banal. L’écureuil-de-vent était une sorte de rongeur qui pouvait sauter d’arbre en arbre à des vitesses vertigineuses. En attraper un n’était pas chose facile du tout, car bien entendu, pour couronner le tout, il n’y avait que très peu d’individus de cette espèce, dans la foret.
Néanmoins, l’énoncé de l’épreuve était plus subtil qu’il n’y paraissait au premier abord : elle avait bien précisé que l’important était d’amener l’écureuil, et pas du tout de le trouver, l’attraper etc etc … il y aurait donc celles qui chasseront l’écureuil elle-même, et celles qui chasseront plutôt la chasseuse elle-même, proie un peu plus grosse et plus "attrapable". Quelques filles ne rentreront jamais chez elles…
Les chasseresses et les combattantes. Vanae savait que son talent à l’arc et ses sens aiguisés, -ainsi que ses prestations fort moyennes à la lance - la rangeait de facto dans la première catégorie …
Et apparemment elle n’était pas la seule à le savoir… Elle avait déjà détecté les signes de quatre …non, cinq poursuivantes … Quelques unes avaient vu en Vanae la proie idéale. C’aurait presque pu être vrai, si les talents de chasseresse de Vanae ne s’étaient limités qu’au tir à l’arc. Malheureusement pour elles …
Vanae sourit à pleines dents en entendant le bruit que fit son premier piège en se déclenchant, mettant ainsi hors course une de ses poursuivantes, qui se réveillerait probablement du choc dans un jour ou deux, en se demandant un peu où est sa maison … Vanae avait préparé tous ces pièges auparavant, comme ça elle pouvait les installer quasiment sans s’arrêter … Elle en avait disposé de cette manière plus d’une quinzaine, soit bien plus que nécessaire… mais c’était tellement amusant.
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Jusqu’ici, tout se passait de la meilleure manière possible. Sur les 5 filles qui la poursuivaient, quatre étaient déjà hors de course. Et ce n’était plus qu’une question de minutes concernant la dernière. Vanae en venait a se demander si ce ne serait pas plus dur d’attraper l’écureuil lui-même que ses balourdes co-amazones. Pour preuve, elle allait même être obligée de se servir de son arc pour chasser la bestiole, "honneur" auquel ses poursuivantes n’avaient même pas eu droit
Néanmoins, elle n’osait pas dire "tout se passe comme prévu", car - et c’est une chose qui se retrouve toujours, par delà les mondes et les ages - ces mots sont presque automatiquement suivis de leur, souvent très désagréable, contradiction.
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Tout était bouclé. En a peine plus de trois heures, elle avait défait cinq adversaires, attrapé un écureuil-de-vent, et elle repartait vers le camp. Elle serait sans doute la première à arriver. Cependant, elle ne relâcha pas son attention, car il était fort probable que quelques filles attendent près du point d’arrivée celles qui reviendraient avec leur butin. Mais Vanae ne s’inquiétait pas. Pour elle tout était déjà joué. Elle ne pouvait s’empêcher de se dire dans sa tête que tout se passait exactement comme prévu.
Puis le piège se déclencha. Un piège très basique, en plus, un simple corde. En un instant Vanae se retrouva pendue par un pied à plusieurs mètres au dessus du sol. Apparemment le seul fait de penser à ces mots était déjà bien assez pour déclencher cette terrible machine appelée "ironie du sort".
Plus qu’énervée ou apeurée, Vanae était perplexe… comment cela avait-il pu arriver ?? Qui avait posé ce piège ? il y avait une sixième poursuivante derrière elle ? comment avait-elle pu ne pas la sentir ? Elle se fustigea mentalement pour ne pas avoir fait assez attention. C’était vraiment une erreur de débutante que Vanae pensait ne pas pouvoir commettre.
Puis son adversaire sortit de derrière les arbres et Vanae put la voir. Et là, tout devint clair. Vanae n’avait pas commis d’erreur, et elle n’avait pas relâché son attention une seule seconde. Si elle n’avait pas repéré cette fille-là, c’est simplement que c’était au dessus de ses compétences…
- Reena ! cria Vanae du haut de son point de vue, que peu de gens avaient jamais eu l’occasion d’admirer, soit dit en passant..
Reenasennenremi, dite Reena, dernier rejeton d’une lignée des plus fameuses, dans les rangs de laquelle on avait vu plusieurs matriarches. Et Reena elle-même semblait avoir concentré en elle tous les meilleurs gènes de cette lignée. Elle était forte, rapide et d’une habilité nettement supérieure à toutes les filles de son age. De plus, elle était belle, très belle, même selon les critères amazones plutôt pointilleux dans ce domaine-là. Tout cela allié à sa droiture et à son dévouement en faisaient le parangon de l’amazone. Si on avait voulu mettre une photo pour illustrer la définition du mot "Amazone" dans l’encyclopédie, Reena aurait été le modèle idéal.
- Ah, ma chère Vanae, dit-elle, s’exprimant avec ce ton légèrement supérieur qu’affection les gens …supérieurs. Tu as fait drôlement vite, c’est très gentil de ta part.
Elle ramassa la dépouille de l’écureuil-de-vent qui était à terre.
- Laisse ca, Reena ! C’est moi qui l’ai attrapé, tu n’as pas le droit ! brailla Vanae, en se rendant compte elle-même du vide ridicule qui accompagnait ses paroles.
- Voyons ma petite Vanae, ne dis pas n’importe quoi ! tu devrais plutôt me remercier de te laisser en vie !
- Mais je dois absolument réussir cet examen pour..
- Arrête de te plaindre ! coupa Reena, qui avait un peu haussé le ton. Il te reste encore presque 3 fois le temps qu’il t’a fallu pour attraper ça (elle secoua la bestiole).
Elle s’éloigna
- Tu me le paieras ! cria Vanae.
- Mais j’espère bien. Viens me voir après l’épreuve, on s’expliquera
Elle s’éloigna un peu puis elle se retourna une dernière fois et lança :
- Oh et si tu n’a pas réussi, ce n’est même pas la peine de venir.
Puis elle partit en jouant négligemment avec l’écureuil, le lançant en l’air comme un vulgaire bout de chiffon.
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Trouver un autre écureuil fuit bien entendu une gageure. Vanae avait l’impression qu’ils avaient tous déserté la foret. Peut-être en avaient-ils marre de se faire attraper par des apprenties amazones … Toutefois, quelques heures et quelques affrontements plus tard, Vanae revenait victorieuse au campement. Elle avait mis beaucoup de temps, et le soleil était déjà bas dans le ciel. Vanae pensait être bonne dernière…
C’était le cas, néanmoins, elle était aussi la deuxième … ce qui signifiait qu’a part Reena, elle était la seule à avoir réussi son initiation. C’était la première fois qu’il y avait si peu de réussite a un rite. Pourtant l’épreuve n’était pas si difficile que ça …étrange…Mais sur l’instant, tout cela importait bien peu à Vanae. On l’emmena dans une tente ou elle reçut le tatouage qui validait en quelque sorte son entrée dans l’age adulte. Il s’agissait d’une représentation d’un soleil avec deux rayons, pour symboliser le fait qu’elle était la deuxième plus forte de sa génération. Il était placé sur l’épaule gauche. Le tatouage était fait "à l’ancienne" et, à la fin de cette éreintante journée, Vanae se serait volontiers passée de l’horrible douleur qu’il provoquait. Finalement on lui mit un bandage protecteur sur l’épaule, qu’elle devrait garder toute la nuit, gna gna gna, et faire attention gna gna gna. Puis on la laissa enfin s’en aller.
Elle n’entra même pas dans sa toute nouvelle tente personnelle, privilège des vainqueuses. Elle passa juste devant pour jeter ses affaires. Puis elle fonça chercher la tente de Reena. Il y avait du règlement de comptes dans l’air ...
Elle souleva un pan de la tente d’un grand geste brusque. Reena se trouvait face à elle.
La première chose qu’elle remarqua était le bandage que Reena portait, identique au sien. Ce bandage cachait le soleil au rayon unique. La deuxième chose que vit Vanae la déconcerta beaucoup plus : une bouteille de liqueur d’Ambroise était posée sur la table, c’était une sorte de récompense pour fêter leur succès… et la dite bouteille était à moitié pleine (ou plus précisément, à moitié vide….). La troisième chose qui attira son attention la stupéfia totalement : le réceptacle de l’ex contenu de la demi-bouteille de liqueur : Reena.
- Ah ! Vanae ! s’exclama Reena en la voyant. Ma ptite Vanae ! bravo pour ta réussite. Avec ton talent ça m’aurait étonné que tu n’y arrive pas … Mais quand même tu as mis le temps …(elle regarda la bouteille, le regard un peu coupable)… j’ai du commencer toute seule.
Vanae venait-elle de rêver ? Reena, LA Reena venait-elle vraiment de lui faire un compliment juste là, à l’instant ?? Vanae était confuse. Mais ce n’était rien qu’une minuscule confusion, toute petite, par rapport au choc qui la suivit, quand Reena posa la main sur son épaule (ou plus précisément "s’affala sur son épaule") et lui tendit un coupe pleine du douteux breuvage.
En fait de douteux breuvage il s’agissait de liqueur d’Ambroise, un fruit fort mauvais mais qui, une fois distillé d’une manière particulière, pouvait produire une liqueur aussi sucrée qu’alcoolisée. Les amazones avaient une forte production locale, et une consommation équivalente, démontrant ainsi que certaines choses sont vraiment universelles.
Vanae, donc, prit la coupe et l’étudia longuement … elle hésitait, une amazone plus vieille (la boisson était prohibée pour les jeunes) lui avait un jour dit : "cette boisson a l’étrange pouvoir de plonger les gens dans un état de conscience différé, sûrement une sorte de propriété magique". Vanae n’avait pas la moindre idée de ce que ça pouvait bien vouloir dire, mais cela l’encourageait à la circonspection. Ca et l’odeur. Tandis qu’elle hésitait, Reena avait déjà re-re-rempli sa coupe et revenait vers elle. Elle lui souriait.
Vanae avait fini d’hésiter.
Première gorgée : gleaargl, c'est dégueux !!
Deuxième gorgée : boah, c’a pas l’air d’mettre dans quel état que ce soit ce truc !
Troisième gorgée : de quoi je parlais, juste avant, déjà ??? bon on s’en fout un peu, de toutes façons…. c'est pas si mauvais, finalement ...
Finalement, c’est pas si terrible, se disait elle, en finissant le verre … cependant elle ressentait quelque chose de confus, comme si ses sens étaient plus aiguisés, était-ce du au breuvage ?? Avait-il vraiment des vertus magiques ? Elle se sentait l’envie de tester
- Reena, commença Vanae, en tendant sa coupe.
- C’est déjà fait, répliqua-t-elle, s’asseyant sur le sol (où plus précisément " se laissa tomber")
Vanae s’aperçut que sa coupe était déjà pleine … comment avait-elle fait ?? C’était sûrement grâce à la liqueur !! Reena en avait déjà bu plusieurs coupes !! Vanae avala la sienne d’une coup… elle se sentit encore mieux ! Elle rejoignit à demi volontairement Reena sur le sol. Cette dernière s’approcha d’elle et lui dit :
- Tu sais, ça m’a pris pas mal de temps, pour éliminer toutes les autres débiles !
Vanae ne comprit pas … Quoi ?? Reena avait fait quoi ? Mais pourquoi l’avait-elle laissée, elle ? Cela aurait sûrement mérité d’autres explications …. Mais plus tard …
Oui, plus tard …
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Chapitre 3
C'était a peu près tout ce dont Vanae se souvenait de la soirée de la veille… Ca et le passage ou elles avaient "discrètement" marché jusqu'à sa tente pour prendre la bouteille de Vanae qui les y attendait. Vanae n'avait jamais autant ri de sa vie… elle n'avait jamais franchement ri, d'ailleurs, mais bon. Elles avaient bien du mettre une demi heure pour couvrir les 200 mètres séparant leurs deux tentes... Qu'il était dur de fouiller dans sa mémoire quand on avait l'impression qu'un troupeau de buffles avait élu domicile dans son crâne.
Et maintenant ? Qu'aillait-il se passer ? Vanae comprenait maintenant que la liqueur était à l'origine de cet accès de camaraderie de la part de Reena. Ni Vanae ni Reena n'avait jamais vraiment eu d'amis… ce n'était … pas envisageable. Même si la possibilité aurait plutôt plu a Vanae. Mais c'était impossible. Vanae poussa un grand soupir… Tout cela la déprimait. Elle n'avait pas le courage de sortir de son lit. De toutes façons, il n'y aurait pas de mission pour elle avant quelques jours. Elle se retourna dans son lit.
C'est à ce moment précis que le coup de pied arriva. Vanae fut projetée hors de son lit.
- Holà ! claironna Reena. Ca dort encore là-dedans ???
Elle venait littéralement d'expédier Vanae dans les airs.
- Allez debout !! continua-t-elle, on a une mission qui attend, là !
- Une mission ?? articula avec difficulté Vanae, encore un peu dans les vapes.
- Mais oui ! une mission, notre mission ! allez hop on se bouge !!
- NOTRE mission ?
- Rhaa mais oui, notre mission, répondit Reena en levant les bras au ciel ! Pourquoi exactement crois-tu que je me suis occupée des toutes les autres filles, hier ??
Ca se tenait … les amazones étaient toujours par groupes de deux. Si elles étaient les deux seules lauréates, elles seraient forcément ensemble…Mais bien plus, cela impliquait que tout ce qui s'était passé la veille faisait bien partie d'un plan pré-établi dans le fourbe cerveau de Reena.
- Pourquoi moi ? fut la seule chose que Vanae trouva a dire
- Eh bien tu étais... (Reena sembla hésiter)… Bien mieux que toutes les autres cruches…
- Ah … Je prendrais ça comme un compliment …
- C'en est un … Bon tu viens ou pas ???
- ... j'arrive
- Ah, à la bonne heure ! souffla Reena dans un soupir de soulagement. Je t'attends dehors.
Elle sortit. Une fois dehors, elle s'éloigna un peu et s'appuya contre un arbre. Là, elle laissa la tension sur ses épaules se relâcher.
Elle s'aperçut que son cœur battait la chamade. C'était si difficile ?? Le petit numéro qu'elle avait répété parfaitement avait plutôt bien marché. Vanae n'avait pas eu l'air de se rendre compte combien elle était terrifiée. Terrifiée qu'elle puisse refuser. " Mais quelle débile, ma pauv' fille ! " se fustigea Reena. Pourquoi n'avait-elle pas réussi simplement a lui dire qu'elle l'intéressait, qu'elle la regardait depuis longtemps ? Ca partait plus mal que prévu. Il faudra rattraper le coup… Bon ce n'était pas si grave après tout, se dit-elle, cherchant un peu à se justifier, elles auraient le temps…
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Vanae sortit de la tente et émit un gémissement de douleur en arrivant au soleil.
- Mais c'est pas possible ! marmonna Vanae en se tenant la tête. Plus jamais, plus jamais1.
note de l'auteur : Ah ah, on dit ça, on dit ça …
La mission se passa sans encombres. Où plus précisément elle fut d'une affligeante banalité. Vanae ne s'attendait pas spécialement à faire quelque chose d'extraordinaire, mais "chasser le daim" se situait vraiment bas dans l'échelle de ses loisirs, mais quand même juste au dessus de "dépecer le daim", qui fut sa deuxième activité de la journée.
- Pourquoi est-ce qu'on appelle ça une mission ? Grogna Vanae, qui venait d'enlever le dernier morceau de peau de l'ex-daim.
C'était la première fois qu'elle se parlaient depuis qu'elles étaient parties (enfin, pas tout à fait la première fois, mais on peut négliger le superbe "le daim arrive" lâché par Reena 20 minute plus tôt)
- Non mais c'est vrai, quoi, continua-t-elle, on a passé notre épreuve pour … chasser le daim ?? Quel rapport ça a avec une mission
- Ben …
Et Reena ne trouva rien de plus intelligent a répondre. Elles continuèrent de chasser en silence pendant le reste de la journée. Le soir venu, elles regagnèrent leurs tentes respectives.
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Le lendemain, Vanae se rendit compte que la chasse n'était pas si inintéressante que ça … en effet, la chasse demandait un minimum de …mouvement. Aujourd'hui, elles étaient en mission de surveillance, toute la journée à guetter sans bouger des éventuels intrus. Cela faisait presque 10 ans qu'aucun "intrus" n'était parvenu si près du campement, mais les amazones étaient assez peu familières avec le concept de "relâcher son attention". Bref. Toujours est-il, qu'après plusieurs heures assise sur une branche d'arbre à "guetter" (un observateur contemporain aurait pu aussi utiliser l'expression "se faire chier a mort", bref). Vanae sentait une grande lassitude l'envahir. Reena était assise à plusieurs dizaines de mètres. Impossible de lui parler, impossible d'essayer d'améliorer les choses par rapport à la désastreuse veille. Vanae ne savait toujours pas a quoi s'en tenir par rapport à Reena. Jusque là, elle n'avait pas osé lui demander, de peur qu'une réponse négative ne vienne faire s'effondrer ses derniers espoirs de se lier d'amitié… Mais elle devait se bouger un peu, cet immobilisme lui tapait sur les nerfs. Elle agirait ce soir.
Le soir venu, après s'être lavée a l'eau froide, plus pour s'éclaircir l'esprit qu'autre chose. Vanae se dirigeait vers la tente de Reena, fermement décider a mettre les choses au clair, même s'il elle n'avait aucune idée de quelles choses il pouvait bien s'agir. Elle avait fait le nécessaire pour s'assurer de la réceptivité maximum de sa cible. Le nécessaire désignant ici une petite bouteille de liqueur douteuse.
C'est e plein milieu du chemin qu'elle rencontra Reena, qui se dirigeait en sens inverse. Elle s'arrêtèrent à quelques pas l'une de l'autre. S'ensuivit l'éternel ballet des conversations gênées :
- euh … commença Vanae.
- euh … surenchérit Reena.
- …
- …
- BON ! fit Vanae, prenant une grande inspiration, faut qu'on règle ça.
Et elles réglèrent ça, effectivement … Mais Vanae eut une fois de plus bien mal à la tête le lendemain matin.
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Et ainsi une douzaine de lunes s'écoulèrent (ce qui, retranscrit dans le calendrier des gens normaux, signifie "un peu moins d'un an"). La relation entre Vanae et Reena évolua aussi très vite, durant ce laps de temps. Vanae était sans cesse impressionnée par les capacités physiques et guerrières de Reena, et réciproquement cette dernière devait concéder a Vanae une opiniâtreté et une rage incomparables.
Elles étaient amies.
Depuis quelques temps, et en reconnaissance de leurs succès répétés, elles se voyaient confiées des missions se déroulant sur plusieurs jours a l'extérieur du campement. (bien, que, après en avoir discuté, ni l'une ni l'autre ne voyaient en quoi cela représentait une récompense…)
Un soir, donc, qu'elles étaient en mission de reconnaissance des alentours, elles bivouaquaient plus loin du campement qu'elles n'étaient jamais allé avant, a la lisière de la foret, l'extrême limite du territoire des amazones. Le printemps avait déjà bien commencé et le climat chaud de la région leur offrait ce soir là la première véritable "nuit douce" de l'année.
Vanae et Reena ne parlait pas. Cela leur arrivait souvent, mais ça n'avait plus rien avoir avec les silences gênés du début, mais plutôt des pauses entre deux longues discussions. En effet, il leur arrivait souvent de discuter de longs moments sur tout et n'importe quoi (avec une légère préférence pour le n'importe quoi…). Elle devaient être les seules amazones qui pouvaient parler plus de 10 minutes sans forcément utiliser des mots tels que "tuer", "abattre", "vaincre", etc. Quand elles n'étaient pas d'accord, elles ne pouvaient pas s'arrêter avant que l'une ait rejoint le point de vue de l'autre. Vanae gagnait souvent à ce jeu.
Bref donc Vanae mit cette pause a profit pour contempler le paysage… le soleil venait tout juste de disparaître derrière l'horizon … l'horizon, le vaste monde. Elle était debout, près du bord du plateau qui formait la frontière imaginaire entre le pays des amazones et … le reste … Ce n'était pas tout à fait la première fois qu'elle le voyait, mais c'était la première fois qu'elle le voyait d'aussi près. Tous ses rêves d'émancipation, qui s'étaient un peu tus ces derniers temps revirent au galop, explosant dans sa tête.
Il fallait qu'elle parte, tout de suite…mais … si elle partait, elle ne reverrait sûrement plus jamais Reena. Que faire ? … La réponse lui vint instantanément : " Elle vient avec moi ". Vanae se tourna vers son amie, qui s'était levée et marchait vers elle. Comment pouvait-elle penser que Reena la suivrait ? en fait qu'est ce qui lui avait permis de penser qu'elle ne la tuerait pas plutôt sur le champ, pour grande trahison ? En effet, même si elle était sure de sa franche amitié, Reena restait le parangon de l'amazone. Elle ne l'avait jamais vu désobéir à quel ordre que ce soit. Elle était sûrement autant accrochée aux principes de loyautés que toutes les autres de son auguste lignée. Vanae baissa les yeux alors que Reena arrivait a coté d'elle.
- Que c'est beau, dit Reena, c'est si … grand ….
Vanae tourna la tête vers elle
- Dire qu'on pourra jamais y aller … continua-t-elle…. Dommage
Dommage ? elle avait dit dommage ? Cela voulait-il dire qu'elle aimerait bien aller voir ? Vanae vit là l'ouverture à ne pas manquer, la fêlure dans l'armure de droiture où il fallait frapper. Elle frappa :
- On y va ? demanda-t-elle de but en blanc
- Hein ? que quoi ? bredouilla Reena.
- On y va ! la bas, on s'en va d'ici !!
Le silence qui s'ensuivit était si "épais" qu'il donnait l'impression d'être palpable. Cela faisait bien une minute que Vanae avait oublié de respiré quand Reena lacha :
- D'accord.
- HEIN ? s'écria Vanae
- Ben d'accord, quoi ! c'est quoi cette réaction ???
- Mais … mais pourquoi ? comment ? demanda Vanae qui n'en revenait pas.
- Hmm … comment dire … j'en ai marre, voilà. Marre d'être l'héritière des Sennenremi, marre d'avoir tous les devoirs et aucuns droits ; marre d'être celle qui obéit aux ordres sans rien dire, sans jamais poser de question…. C'est étrange mais malgré tout ça, partir ne m'était jamais venu à l'idée … c'était ..inenvisageable, comme si un escargot voulait partir de sa coquille
Le corps de Vanae décida que c'était le bon moment pour s'effondrer, et elle tomba a genoux. Elle était prise par une frayeur rétrospective. Elle sentit sa gorge se nouer et des larmes couler sur ses joues. Elle s'aperçut qu'elle avait été à peu près sure de se faire tuer. Reena s'accroupit a coté d'elle et la secoua un peu.
- Ho, ça va ? mais .. tu pleures ? qu'est ce qui se pa …
Vanae la surprit quelque peut en se jetant soudainement sur elle, les entraînant rouler dans l'herbe. Quand elles s'arrêtèrent, Vanae partit d'un fou rire tenant plus du craquage nerveux que de la franche rigolade. Son rire allait en s'intensifiant, et la confusion de Reena était, pour ainsi dire, proportionnelle. Puis Vanae cria de toutes ses forces
- CA VA ETRE BIEN !!!
Et pendant de longues secondes, l'écho lui répondit. Puis elle reprit plus bas.
- Ca va être bien, je te le jure. La meilleure chose qui nous soit jamais arrivée.
******************************
Lorsqu'elle eurent fini d'empaqueter leurs affaires, elles se dirigèrent toutes les deux dans la direction opposée à celle du retour. Soudain, Reena marqua une pause
- Qu'est ce qu'il y a, demanda Vanae, un peu inquiète
- Euuh … tu crois pas qu'on pourrait repasser au camp une dernière fois ? demanda Reena, hésitante
- Non je ne crois pas, non, c'est trop dangereux et on ne sait pas quand l'occasion se représentera ! Pourquoi tu veux y retourner ??
- Il faut que , euh …. Que je récupère des affaires …
- Des affaires ?? mais est-ce que tu possèdes autre chose que ces habits et cette lance ?? insista Vanae, qui trouvait de plus en plus louche le comportement de Reena.
- Meugneumeugneu marmonna Reena de manière incompréhensible.
- Hein ?
- J'ai laissé 3 bouteilles d'ambroise dans ma tente … et toi il t'en reste une aussi … chuchota Reena en regardant ses pieds.
Vanae leva les bras au ciel, formulant un silencieux "qu'ai-je fait pour mériter ça ?". Mais en même temps, toutes ses inquiétudes s'envolèrent.
- Allez, viens, on y va.
Elles se dirigèrent vers l'extrémité du plateau. Elles choisirent comme destination la ville la plus lointaine qu'elles pouvaient apercevoir. Les amazones n'avaient jamais encore attaqué de ce coté la de leur vallée, elles ne seraient donc pas précédées par leur réputation. Mais Vanae et Reena l'ignoraient et s'en fichait pas mal, en fait. Elles étaient toutes les deux toutes excitées comme si un nouveau monde s'ouvrait à elles …
C'était effectivement le cas.
Vanae prit la main de Reena, à moins que ce ne soit l'inverse…
Elles firent le premier pas. Partant pleines d'assurance. Cependant, cette belle assurance allait s'avérer bien maigre en comparaison de l'obstacle qui les attendait. Une épreuve à laquelle elles n'avaient pas pensé, à laquelle elles n'avaient pas pu penser : l'homme
FIN DE L'INTRODUCTION
Ainsi peut commencer la véritable histoire
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Chapitre 4
Il était presque minuit quand elles arrivèrent enfin dans la ville. Elles passèrent devant des murailles en construction. En effet, la ville avait récemment une expansion sans précédent due a l'ouverture d'une nouvelle route commerciale, et le gouvernement impérial avait jugé nécessaire la fortification de la ville Bien entendu, Vanae et Reena ignoraient tout ça (et ne s'en portaient d'ailleurs pas plus mal, soit dit en passant) Le silence régnait dans les rues, qui étaient désertes. S'il y avait eu le moindre passant à ce moment là, tout ce qu'il aurait vu aurait été deux gamines en train de regarder bêtement les maisons et autres bâtiments, comme si c'étaient les premiers qu'elles n'aient jamais vus… et c'était effectivement le cas. Pour elles qui avaient vécu toute leur vie dans une tente au mieux, voir des maisons en pierre et en briques semblait vraiment extraordinaire… et certaines faisaient plusieurs mètres de haut !!
Elles déambulèrent ainsi quelques temps dans la ville, puis, finalement, quelque chose capta leur attention. Au milieu de tous ces bâtiments sombres et muets, une porte ouverte laissait échapper lumière et bruit. Après avoir difficilement avalé leur salive une dernière fois, Vanae et Reena se décidèrent à aller voir
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Si voir une maison en pierre était déroutant, cela l'était encore plus. "Une agression simultanée de tous les sens" est la première définition qui était venue à l'esprit de Vanae. Elle n'avait jamais entendu un brouhaha aussi discordant et aussi puissant. Pourtant, c'était bien plus supportable que l'odeur du lieu. Quelle horreur !! Elle se souvenait avoir un jour trouvé un rat mort depuis 2 semaines, et il sentait moins mauvais !! Et puis ... tous ces hommes … en liberté …. Vanae savait bien que le monde dans lequel elles entraient n'était pas comme celui des amazones … mais là … ça lui paraissait un peu exagéré, quand même. Elle jeta un coup d'œil à Reena, et l'expression figée sur le visage de cette dernière lui appris qu'elle devait penser a peu près la même chose. Une petite voix les ramena à la réalité :
- …vous asseoir ?
- Pardon ?? répondit Vanae, qui avait raté le début de la phrase
- Si vous voulez vous asseoir. répondit la serveuse
C'était une petite fille blonde qui devait avoir dans les 14 ans. Elle avait l'air très impressionnée par les deux jeunes filles à l'air fier (en général, du moins) et surtout à l'armement imposant. Elle leur indiqua deux rondins de bois qui servaient apparemment de siège à une table vide. Quand elles se furent assises, la serveuse enchaîna :
- Vous voulez boire quelque chose ?
- Boire ? les yeux de Reena s'éclairèrent un bref instant. Oui !
- Il ne nous reste que de la bière …
- Eh bien … va pour cette "bière"
La serveuse partit en courant, puis revint quelques instant plus tard avec deux chopes de breuvage. Vanae et Reena burent une grande gorgée et firent une grimace, le liquide était des plus amers .Cependant sa fraîcheur était vraiment la bienvenue dans cet endroit a la chaleur étouffante. Le temps qu'elles finissent leurs chopes, l'ambiance générale leur parut tout de suite moins insupportable, et elles finirent même par trouver toute cette agitation agréable.
Bien entendu, ça ne pouvait pas durer.
Une grosse main moite se posa sur l'épaule de Reena. Elle se retourna pour voir le propriétaire de la main en question. C'était un grand homme joufflu qui avait manifestement l'air complètement saoul. Il allait dire quelque chose quand Reena dégagea sa main d'un air négligent et dit :
- Ne me touche pas, ne me parle pas.
Puis elle se retourna et se remit à parler avec Vanae comme si de rien n'était… Un concert de rires moqueurs éclata dans le fond de la salle, là ou se trouvaient les amis de l'homme qui venait de se faire magnifiquement rembarrer. Mais ce dernier décida - pour son plus grand malheur, nous le verrons plus tard - de ne pas en rester là. Il reposa sa main une nouvelle fois, mais plus fermement
- Holà mes jolies, qu'est ce que vous faites, toutes seules comme ça si tard le soir ?
Son haleine aurait facilement pu réveiller un mort ou deux. Une fois de plus, Reena enleva la main de son épaule.
- Ne nous parle pas, répliqua simplement Reena, en plissant les yeux.
- Hé ben, il faut pas le prendre comme ça ! Je voulais juste vous proposer de vous amuser un peu avec nous !
Vanae se leva d'un bond.
- DAME ! cria-elle, s'adressant à la seule présence féminine de cette pièce, soit là pauvre petite serveuse. Tiens tes hommes, ils nous ennuient et ils puent !
Silence consterné… toute la clientèle du bar essayait de réaliser l'énormité de ce que venait de dire cette jeune fille…Puis il s'en suit un fou rire généralisé. La petite serveuse aurait bien aimé être ailleurs à ce moment précis, par exemple aux antipodes, ou sur une autre planète. Vanae ne se sentait pas très à l'aise non plus à cause de cette réaction inattendue … pourquoi riaient-ils ?
- Dites-donc, commença l'homme, je veux bien me faire jeter quand j'aborde des filles, mais je ne permettrais pas qu'on me manque de respect ! J'vais vous apprendre à …
Le poing de Reena lui retira les mots de la bouche, en même temps que quelques dents, envoyant valdinguer sa grosse carcasse quelques mètres plus loin. Le fou rire général cessa aussitôt, et tous les amis de l'homme à terre accoururent.
- Hé ben, elles sont féroces
- Vous allez voir …
- On va pas se retenir parce que vous êtes des filles
Ils étaient six, tous des costaud, et ils avaient l'air prêts à en découdre… le combat semblait totalement déséquilibré … six, c'était ridiculement trop peu, ils n'avaient aucune chance !
Quelques minutes et pas mal de tables cassées plus tard, les six hommes gisaient a terre. Tout à coup, deux clients dans le fond se mirent à applaudir la performance, rapidement suivis par tous les autres. Un des vaincus se releva et s'enfuit en courant sous les quolibets moqueurs de l'assistance.
- On s'en va. dit Vanae.
Elles ramassèrent leurs armes et sortirent. Une fois dehors, elles prirent une grande bouffée de vrai air. Puis se tapent sur le front, Reena se précipita a l'intérieur
- J'ai oublié un truc, je reviens, lança-t-elle à Vanae.
Elle ressortit quelques instants plus tard.
- T'as fait quoi ?
- Bah, on m'a toujours dit qu'il fallait pas avoir de dettes, alors j'ai payé pour les tables cassées …. Et les bières
- Payé, comment ?
- Bah, avec une babiole. Un bague qu'on m'avait donnée pour je sais plus quelle occasion, un truc sans intérêt, je la mettais jamais, de toutes façons. On y va ?
- On y va.
A l'intérieur de l'auberge, au milieu des tables cassées, se tenait la petite serveuse. Elle se demandaient toujours qui avaient pu bien être ces deux filles… elle se demandait surtout ce qu'elle allait bien pouvoir faire avec la bague que venait de lui donner cette fille… Elle n'y connaissait rien, mais le poids de l'anneau en or et des joyaux incrustés dedans indiquait clairement que cela suffirait largement a repayer les tables cassées … En fait cela suffirait aussi sûrement à acheter le bâtiment tout entier… avec un morceau du pâté de maisons environnant…
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Pour l'instant, le bilan de leur soirée était des plus mitigé, voire plutôt des plus désastreux… Cependant ni l'une ni l'autre n'étaient vraiment du genre à abandonner à la première difficulté. Et de toutes manière, ce n'est pas comme si elles avaient vraiment le choix. Ce qui était derrière elles était scellé, elles ne pouvaient qu'aller de l'avant…
- Le monde est … plein de surprises, dit Vanae pour briser le silence qui commençait a s'épaissir un peu trop à son goût …
- Oui, j'imagine, lui répondit Reena en lui lançant un grand sourire. On a eu la mauvaise, la prochaine sera logiquement bonne, non ?
Comme il a déjà été précisé, l'ironie du sort n'aime pas vraiment qu'on la provoque de la sorte. Un homme sortit de l'ombre, suivi d'une dizaine d'autres. Apparemment ils n'étaient pas venus pour prendre le thé (cela aurait impliqué qu'ils sachent déjà ce qu'était le thé). Un homme prit la parole, s'adressant à son voisin, qui se cachait a moitié derrière lui.
- Dis donc, tu te ramollis, tu devrais arrêter de boire... .vous faire massacrer par deux fillettes...
- Eh, j'te jure, Brett, ce filles c'est des tigresses, fait gaffe.
- Des tigresses ? ça me parait pas mal, ajouta-t-il en se retourna vers Vanae et Reena.
Elles s'aperçurent que l'homme qui se cachait était celui qui avait fui lors de leur bagarre à la taverne. Tous les autres avaient dégainé des petites épées ou des dagues.
Bref, une nouvelle bataille s'annonçait. Mais contrairement à celle du bar, celle-ci ne se contenterait pas de coups de poings et de cotes cassées. En un clin d'œil, les deux amazones avaient pris leurs armes. Vanae était inquiète, car la configuration du lieu lui permettrait difficilement de se servir de son arc, elle allait encore devoir se reposer sur Reena, et cette dernière le savait. Cependant, cela ne semblait pas la gêner, car elle se sentait tout à fait capable de venir à bout de ces bandits à elle seule.
Ce n'est pas tant le fait qu'elles attaquent les premières qui étonna les hommes de la bande, ils furent plus choqués de voir un de leurs amis s'effondrer avec une flèche dans le ventre, et encore un peu plus quand ils virent que l'autre filles étaient déjà sur eux.
Le combat était bien parti, Reena avait réussi à attirer l'attention sur elle et aucun adversaire ne s'était approché de Vanae, lui laissant toute latitude pour tirer ses flèches. Elle encochait la quatrième quand elle tomba à genoux. Etrangement, la douleur ne vint que quelques instants plus tard, insupportable, dans sa nuque. Que s'était-il passé ? Elle n'avait pourtant senti personne dans son dos… Avec difficultés, elle regarda derrière elle. Un homme se tenait juste la. Il portait une cape grise et une matraque. Il n'était qu'a un mètre d'elle et pourtant Vanae sentait à peine sa présence, comme s'il n'était pas vraiment là. En un instant, il avait disparu, montant sur un toit avec la vitesse d'un lézard.
Le cœur de Vanae se serra, Reena ! Elle retourna son attention sur son amie, qui s'était collée contre un mur pour ne pas être prise à revers. Mais elle ne comprit pas que c'était exactement ce que voulaient ses adversaires.
Vanae cria pour la prévenir, ou plus précisément, elle voulut crier, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Au lieu de ça, sa conscience vacilla un peu plus près de la limite, et elle s'effondra totalement à terre. Gardant les yeux ouverts tant bien que mal, elle vit Reena subir le même sort qu'elle, alors que deux hommes s'étaient détachés du groupe et s'approchaient de l'endroit où elle gisait au sol.
C'était la fin ?
Impossible … elles devaient vivre, elles devaient découvrir, elles devaient être heureuses ! Nulle part dans ses plans n'était mentionné "mourir le premier soir" ! Ca ne pouvait pas se finir comme ça ! Et les deux hommes étaient désormais sur elle. L'un se pencha vers elle, mais il s'arrêta d'un coup, pour examiner la pointe de l'épée qui venait de ressortir de son épaule. Il s'effondra.Vanae voyait de plus en plus flou, et c'est a peine si elle distingua la silhouette du deuxième homme au sol, ni celle de celui qui venait de la sauver. Dans un dernier effort de volonté, elle se retourna vers Reena et vit qu'une autre personne se dirigeait vers le groupe armé, mais lui-même n'avait pas d'armes ! Le fou, que pensait-il pouvoir faire !
Puis ce fut le noir.
******************************
- ben dis donc, elles en mettent du temps, à se réveiller…
- Bah faut voir le coup qu'elles se sont pris, regarde cette bosse !
- Beuuh, ça fait mal rien qu'à regarder, le type qui a fait ça était plutôt doué
- Ouais, … eh, je crois qu'y en à une qui se réveille
… furent les premiers mot qu'entendit Vanae en se réveillant, ou faudrait-il plutôt dire, en reprenant conscience. Après les trois secondes de désorientation réglementaires pendant lesquelles elle se demanda si tout ce qui s'était passé la veille ne serait pas par hasard qu'un rêve étrange, Vanae recouvra totalement ses esprits et se releva d'un bond. Mauvaise idée, elle eut l'impression que son cerveau jouait à la toupie magique dans sa boite crânienne tellement la tête lui tourna. Sans parler de la douleur. Elle tituba mais parvint à rester debout. Son regard tomba sur Reena, elle dormait mais le rythme de sa respiration était normal et elle semblait allez bien.
- Oula ! s'écria une des personnes assises en face d'elle, il faut pas se lever si vite avec le coup que t'as pris sur la tronche !!
Vanae se décida finalement a mettre un visage sur ces voix et se tourna vers elles. Assis en face d'elle se trouvaient deux jeunes hommes, qui n'étaient sûrement pas beaucoup plus âgés qu'elle. Les deux garçons avaient beaucoup de points communs, ils avaient tous les deux la peau pale et les cheveux très clairs. Celui qui venait de parler avait des cheveux courts tandis que l'autre les avait plus longs.
- Euuh, pourquoi elle nous fixe depuis tout a l'heure ? demanda "cheveux courts" en se tournant vers "cheveux longs"
- Je crois qu'elle est tombée sous ton charme, ou alors elle ne comprend rien à la situation. Je penche pour la seconde explication.
- Ha, ha, ha, très drôle….il se retourna vers Vanae. Euuh, il faut pas avoir peur de nous, hein, même si l'autre fait des blagues pourries.
Vanae était vraiment déboussolée par cette conversation sans queue ni tête. Le fait que son cerveau semble continuellement essayer de sortir de sa tête n'arrangeant rien. Elle réussit à leur parler d'une voix rauque et chevrotante qu'elle reconnut à peine.
- … qui êtes-vous ? Où suis-je ? Que s'est-il passé.
- Bon alors, dans l'ordre, répondit "cheveux courts". Je suis Eriks, et voici Sevens, nous nous trouvons actuellement dans le grenier d'une vieille maison abandonnée, assez sympa, mais pas génial niveau isolation. Quant à savoir ce qui s'est passé, Sevens sera plus à même de te répondre.
- Ben il s'est pas passé grand-chose, poursuivit Sevens, mais je vais attendre que ta copine se réveille, ça m'évitera de raconter deux fois.
Il montra du doigt Reena qui venait de bouger, elle semblait sur le point de se réveiller. Vanae se précipita et s'agenouilla à coté d'elle. Quand elle finit par se réveiller, elle et Vanae échangèrent quelques mots à voix que les deux garçons ne parvinrent pas à entendre. Puis Vanae se retourna a nouveau vers eux.
- Finis ton histoire, demanda-t-elle.
- Alors, je disais. Hier on vous a vues vous battre à la taverne, jolie bagarre, au passage. Bref. Et on a reconnu certains des types qui vous ont attaqué comme des membres d'une organisation de malfrats en tous genres qui est en train de s'imposer sur toute la région. les "sombres lueurs" est le nom pompeux qu'ils se sont donnés. Bon, pour en revenir à notre histoire, c'est pas le genre de types à laisser passer un affront de ce genre sans vouloir se venger. C'est pourquoi on était à peu près surs que ils vous attendraient avec des renforts au premier tournant de rue pas assez éclairé. En tout cas, votre combat m'a impressionné. Mais ils avaient avec eux un assassin assez réputé, et ils vous a eues toutes les deux sans que vous ne vous en aperceviez. Vous ne devez pas être très habituées au attaque en traître, n'est-ce pas ? En tout cas … si on veut on peut dire que vous avez eu de la chance d'être euh… des jolies filles, sinon c'est avec une dague que l'assassin vous aurait frappé.
L'évidente incompréhension dans les yeux de son auditoire arracha à Sevens un petit soupir.
- Mais comment as-tu fait pour venir à bout de ses bandits, je t'ai pourtant vu sans armes. Demanda Vanae
- Ah, euh … disons, que je me débrouille…
- Ouais monsieur se "débrouille", dit Eriks d'un air moqueur. Tu parles, c'est juste un magicien super balaise…
- Bon on va y aller, déclara Reena en se levant.
- Euuh non, attendez, dit Eriks, qui fit mine de se relever.
- Reste où tu es, homme ! ordonna Reena. Ne t'approche pas plus de nous.
Les deux garçons les fixèrent …le regard 50% incrédulité 50% amusement.
Puis ils éclatèrent franchement de rire. Reena rougit d'un coup
- Quoi ? c'est bien ce que vous êtes, non ? des hommes ?
- Ouiii, mais … c'est la manière de le dire.
- En tout cas ça confirme ce que je pensais, vous êtes des amazones, n'est-ce pas ?
- Comment tu sais ça ?
- Cette manière de vous battre, vos vêtements, votre ignorance, et maintenant ça... ; c'était évident.
- Dixit l'encyclopédie humaine. compléta Eriks.
Vanae et Reena ramassèrent leurs affaires.
- Vous ne devriez pas partir, les sombres lueurs vont sûrement essayer de vous tuer.
- Comment tu sais ça ? vous êtes avec eux en fait ? demanda Reena sur la défensive.
- Ouais, moi, mon pote, et aussi le type bourré qui dort là-bas dans la rue.
- ….
- Non c'est pas vrai, s'empressa d'ajouter Sevens, voyant que sa blague tombait à plat.
Apparemment le second degré n'était pas une chose que l'on essayait activement de développer chez les amazones …..
- C'est évident, vous les avez humiliés, et certains de leurs hommes sont morts, ils seront à vos trousses.
- Et ça changerait quoi de rester avec vous ?
- On pourra vous protéger.
- Non merci, on se débrouille très bien toutes seules.
- Ouais, comme hier soir, railla Sevens.
- … hier soir on s'y attendait pas, ça sera différent maintenant. Qu'ils viennent, les sobres lueurs, elles verront comment on les mouche.
- Euuh, c'est "sombres" lueurs, pas sobres … sûrement pas sobres, d'ailleurs …
******************************
Sur ces mots elles descendirent ce qu'il restait de l'escalier puis sortirent de la maison. Eriks les regarda s'éloigner puis cria :
- ET DE RIEN HEIN ! CA FAIT TOUJOURS PLAISIR !!!
Puis il s'assit. Quelques secondes plus tard il se tourna vers Sevens
- elles étaient mignonnes, hein ? lui dit-il.
- ah ben ça c'était la phrase spirituelle du jour, mon pote…répondit Sevens en secouant la tête de dépit.
- Elles vont se faire tuer, non ?
- Ouais, il y a des chances. Il y a un gros poste des sombres lueurs dans cette ville. S'ils arrivent à convaincre leurs mages de s'attaquer à deux fillettes, je ne donne pas cher de leur peau.
- Et on va pas les laisser se faire tuer, pas vrai ?
- Non, bien sur que non… Elles étaient beaucoup trop mignonnes.
- Tssss, j'vous jure..….

Commentaires
1. Le jeudi 29 juin 2006 à 15:10, par Flo
2. Le jeudi 29 juin 2006 à 18:44, par Kyo
3. Le vendredi 30 juin 2006 à 14:37, par Angel
4. Le vendredi 30 juin 2006 à 18:24, par Kyo
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